2019-2020, les narcissiques en mal d'aventure ont du attendre l'arrivée du covid pour se rendre compte que, arrivé le week-end, il y avait une nature hors des centres commerciaux.
La machine s'emballe, sous la baguette des quelques influenceurs et à grands coups de vidéos souvent commentées de :
" Pouvez-vous me dire où c'est exactement ? "
- Oui, c'est exactement à l'endroit où se trouvait mes pieds...
Il faut ensuite reproduire la vidéo ou ce cliché qui amasse les like, pour dire : "moi aussi j'y étais" et prouver ainsi que l'on existe en reproduisant ce que font les autres.
La raison fait alors place à l'abérration, quand apparait et se multiplie à travers le monde, la notion de spots « instagrammable ».
Le conformisme par excellence, s’il vous plaît, validez mon activité, et je validerai la vôtre.
( Voir ici.. l'article sidérant sur Joffre lake - Canada )
Les gens se définissent désormais par leur nombre de likes, dans une société qui n'a jamais autant cultivé l'individualisme.
Le réseau social en est aujourd'hui la vitrine, un maquillage, où l'illusion d'une vie idéale et embellie permet d'assouvir chez beaucoup un quete de reconnaissance, uniquement par l'image et non par la compétence.
L'existence sociale devient alors soumise à l'approbation de votre pédigrée en montagne.
Le jargon de la randonnée évolue. Les sommets deviennent des cases à cocher dans une "to do list".
Pour y parvenir, il faut "se challenger", se mettre "en mode mission". Une sortie se transforme en "un défi".
Tout cet emploi d'un vocabulaire associé à la compétition me semble très éloigné des valeurs de la montagne.
"La montagne c'est l'humilité" disait un ami, voilà en ces quelques mots, une vérité qui résumé comment elle devrait être perçue.
Il faut désormais laisser aussi une trace de son passage là-haut, pour que ceux qui n'on pas accès a votre profil, puissent quand même voir que VOUS, êtes passé par là.
Graffiti au marqueur, sticker, drapeaux de prières tibétains, entassement de divers immondices.
De la poésie ? D'la merde oui !
Parmi tout cela je retiens particulièrement le marqueur qui reprend tous les codes de l'égocentrisme humain (voir ici.. l'excellent message de néthou sur le forum pteam).
Comme alternative, la craie pourrait éventuellement être une bien bonne idée.
Légère à transporter et colorée, elle a cependant le gros inconvénient d'être... effacable.
Mon Dieu, Non ! Jamais de la vie, je dois laisser une trace indélébile moaaa...
De la poésie ? Encore et encore d'la merde oui !
Ces mêmes hypersensibles s'extasient ensuite, ahuris, devant paquerette, vache & chevaux ou face à tous cailloux ressemblant vaguement à un coeur.
Dans la course a celui qui fera le buzz, le gagnant de la compet' est bien souvent le plus idiot des crétins ou celui qui aura la réaction la plus exagérée et excessive.